Des apprentis sculpteurs à Vicq-sur-Breuilh
" Casques vissés sur la tête, lunettes sur le nez, mains gantées et l'esprit à l'ouvrage, ils sont concentrés, attentifs et méticuleux. Ils brossent, coupent, soudent, déforment, le fer pour mieux le mettre en forme. Ils se découvrent surtout une âme de créateur, de sculpteur, au contact de matériaux jusqu'alors peu familiers.

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Pierre, Mathieu, Bastien, Esther, Thomas et Antoine ont entre 11 et 14 ans et participent, depuis le début du mois, à l'atelier proposé aux adolescents de la communauté de communes de l'Issaure (*) : dans le cadre des activités d'été. Ils profitent surtout de la présence et des conseils d'Alain Valtat, sculpteur sur fer, qui expose ses oeuvres au vieux château à Vicq-sur-Breuilh jusqu'au 5 octobre, dans une salle de la bâtisse et dans les jardins alentours.
Plus de, 50 pièces ont été acheminées de 1'atelier parisien et offrent un contraste saisissant avec la campagne environnante. "Fantaisie du désir", "Le mythe d'Icare", "Morceaux en forme de vent", "Forces antagoniques", "Renaissance", toutes ont un nom bien choisi, poétique ou plus évocateur.
« C'est un jeu de voir comment je peux transmettre avec un mot l'idée générale qui a guidé mon inspiration », analyse Alain Valtat.
Pour nos six apprentis sculpteurs, c'est un jeu qui est pris très au sérieux. L'objectif est de donner naissance à leur propre sculpture, laquelle sera exposée en bonne place sur la communauté de commune de l'Issaure.
Dans un premier temps, il a donc fallu couper, brosser les IPN, ces poutrelles de construction en forme de "I" majuscule pesant plus de 70 kg, puis leur donner une forme à l'aide d'une presse comprimant jusqu'à 60 tonnes : « J'ai le schéma de ce que je veux leur faire faire dans la tête, explique Alain Valtat. Ce qu'il faut, c'est qu'il y ait une idée directrice et surtout qu'un certain équilibre, dans l'espace mais aussi visuel, soit respecté ».
Après l'indispensable phase de soudure, les jeunes procéderont dans les jours à venir à la finition de leur oeuvre avec le revêtement d'un enduit protecteur puis d'une couche de peinture. Au final, la sculpture devrait atteindre les 4,20 m hauteur pour un poids avoisinant les 250 kg. « C'est un vrai plaisir d'être avec ces jeunes, remarque Alain Valtat. Ils ont envie d'apprendre et comprennent, très vite ce qu'il faut faire. L'intérêt est qu'ils se construisent ainsi un bout de leur mémoire. Dans quelques années, certains partiront de la commune, d'autres reviendront, mais ils auront le plaisir et la fierté de retrouver leur oeuvre ».

Exposée dans la commune

« L'idée de créer des choses me passionne, explique pour sa part Bastien. J'ai donc voulu tenter l'expérience et j'en suis très content. J'ai pu notamment apprendre la soudure. « Et puis, rajoute Esther, ce qui est bien, c'est que notre sculpture va rester puisqu'elle sera exposée dans la commune ».
Le résultat est désormais attendu avec impatience. Entre temps, qui sait, des vocations se seront peut-être formées... "

Xavier Georges.
in le Populaire